Erik & Daisy |Tome 1: Prélude – Suanne Laqueur

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Titre: Prélude

(Original: The Man I Love)

Auteur: Suanne Laqueur

Date de Parution: 10 Février 2017

Éditeur: MxM Bookmark, Collection Infinity Romance, 599 pages

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Quatrième de Couverture:

Erik est fasciné par l’envers du décor. Daisy a besoin de danser pour exister.

Il se satisfait de l’ombre des coulisses. Elle s’épanouit dans la lumière des projecteurs.

Leurs univers ne peuvent vivre l’un sans l’autre. Tout comme eux. Ils découvrent ensemble l’équilibre parfait. Ils se fondent l’un dans l’autre jusqu’à n’être qu’un. Jusqu’à ne plus savoir où il s’arrête et où elle commence.

Entourés d’amis et d’artistes, ils se créent au fil du temps leur univers et développent leur art. Mais quand une tragédie touche leur groupe, tout vole en éclat.


Extrait:

  Un autre décembre.

  Une autre saison de Casse-Noisette.

  Un autre anniversaire.

  Doigts noués, il posa ses lèvres contre son poignet, ressentant les battements de son cœur.

  – Vingt-quatre mois.

  Il l’aimait.

  Parfois, c’étais juste une partie du monde, naturel, comme l’air ou l’eau. D’autres fois, comme maintenant, il regardait Daisy et n’arrivait pas à réaliser ce qu’il ressentait pour elle. « Amour » ne semblait plus convenir. Ce qui vibrait en son cœur, son corps, ses os était plus gros que le monde. Au-delà de tout ce qu’il avait imaginé l’amour être. Même la phrase « Faire l’Amour » avait dépassé ce contexte. Dernièrement, il avait été frappé par l’idée littérale. Pas juste l’expression sexuelle mais celle créative. Comme si, chaque conversation, chaque expérience partagée et chaque fois que leurs corps prenaient du plaisir, ils construisaient quelque chose de plus grand. Montant, pièce par pièce, une structure magnifique. Une cathédrale au sein de leur univers à eux.

  – Je t’aime tellement, dit-il. Tu ne peux pas savoir. Tu ne sauras jamais à quel point. Je ne serai jamais capable de le dire.

  Il posa sa tête à côté de la sienne. Les lèvres de Daisy effleurèrent son visage, sa main caressant sa nuque.

  – Je ne sais pas où tu commences et où je termine, dit-elle.

  Sa voix, traînante et sensuelle, signifiait qu’elle commençait à s’assoupir.

  – Tout ce que je suis est si entremêlé à tout ce que tu es. C’est comme… Je ne peux pas l’expliquer. Je ne peux plus expliquer ce qu’est l’amour. Ça n’a plus le sens que ça avait avant.

  Je suis le seul.

  Erik se rapprocha d’elle et une des grandes cloches de la cathédrale commença à sonner.

  Elle savait.

  Évidemment qu’elle savait. 


Mon Avis:

* En remerciant les éditions Mxm Bookmark pour ce service presse *

  Prélude est un livre qui a retenu mon attention de par son résumé qui, malgré sa brièveté, su m’infuser deux émotions particulières en un court instant: une curiosité toute naturelle mais aussi une fascination des plus inexplicables.

  Si j’étais tenue de désigner l’une des plus grandes qualités de cet ouvrage – si ce n’est la plus grande – ce serait sa plume, sans aucun conteste possible. Elle est splendide, quoique le terme me semble décidément bien trop faible pour la désigner d’un tel qualificatif. Non, je la qualifierais de prestigieuse. Sophistiquée, drapée d’une élégance sans pareille, aux notes poétiques, elle saisit le lecteur et le frappe de par la justesse de ses mots et des émotions poignantes qu’elle libère. Que ce soient les descriptions ou les dialogues, l’écriture demeure invariablement diversifiée et, par-dessus tout, vivante. L’on se fond dans le monde enchanteur du spectacle tout comme l’on fusionne avec les sentiments des personnages. Des sensations uniques qui offrent une dimension toute particulière à l’histoire.

  Ce que j’ai tout autant apprécié, et qui rejoint par ailleurs le thème du paragraphe précédent, c’est l’organisation du livre. Une réflexion qui peut sembler insignifiante à première vue mais qui a véritablement de son importance. La structure du livre se résume en parties – sept pour être exacte – qui non seulement sont scrupuleusement délimitées mais qui ont aussi un lien très étroit avec l’histoire elle-même. Chacune porte le nom d’un personnage, et pas n’importe lequel, puisque ce sont toutes des personnes qui ont contribué à l’écriture d’un pan non négligeable de l’histoire d’Erik Fiskare, le protagoniste principal. Des personnes qui ont forgé ce jeune homme aussi assurément qu’ils l’ont transformé de par leur existence et leurs actes.

  En toute logique donc, la première partie se consacre exclusivement à Erik, de son passé à sa rencontre et relation avec Daisy, son unique grand amour et âme-sœur. Nous sommes pas à pas introduits dans son univers pour nous familiariser avec le fonctionnement d’un théâtre ainsi que de ses acteurs, et nous expérimentons son exaltation, son incertitude et son amour insondable pour Daisy. C’est une période sereine, le calme avant la tempête, où l’auteure pose paisiblement les bases de son histoire. Un certain temps m’étais requis avant que l’immersion tant attendue et la magie n’opèrent mais lorsque le déclic eut lieu, ce fut seulement durant la partie suivante. La nécessité de planter le décor m’est tout à fait compréhensible, toutefois, ce début me semblait lent et précipité à la fois. Légèrement paradoxal mais telle fut mon impression. L’ensemble s’avérait trop long à se mettre en place tandis que la liaison d’Erik et Daisy paraissait bien trop hâtive et évidente pour envisager de m’attarder plus que nécessaire. Je commençais peu à peu à me questionner sur les 500 pages et quelques à venir et sur la poursuite de ma lecture lorsque je fus brusquement sortie de ma léthargie naissante.

  Un seul événement, unique, traumatisant et surtout totalement imprévisible, suffira à ébranler le monde organisé avec soins par les protagonistes de l’histoire. Terminée la quiétude et l’insouciance, la confiance et l’unité. Aussi bouleversée et secouée qu’Erik, Daisy et leurs proches, j’observais, impuissante, l’effondrement de toute une société. Les émotions déferlaient par vagues puissantes et impitoyables, me noyant de douleur et de mélancolie. Les premières pages sont promptement oubliées au profit de cette nouvelle histoire, sombre et criante de détresse. Car dès lors, un seul objectif s’impose à notre groupe d’amis: survivre. Changés à jamais, marqués par la cruauté dont l’existence peut quelque fois faire preuve sans raison aucune, c’est une toute nouvelle vie qui s’ouvre à leurs yeux terrifiés. Commencera alors une bataille quotidienne afin de tenir les loups à distance et se frayer un chemin dans ce nouveau monde empli de ténèbres, de cauchemars et de craintes. À partir de ce moment précis, j’ai été complètement aspirée par le livre, suivant avec inquiétude, espoir, incompréhension, voire même déni, le parcours de nos rescapés. Et tout spécialement celui d’Erik.

  Erik Fiskare est décidément un protagoniste fascinant. Curieux, réfléchi, et avide d’apprendre ou même de comprendre ce qui l’entoure, il est doté d’un esprit analytique manifeste. Toujours à observer méticuleusement son environnement puis à étudier consciencieusement les résultats de ses observations, il tire rarement des conclusions en désaccord avec ses attentes. Sa vie est scrupuleusement planifiée et de ce fait, lorsqu’un imprévu vient balayer ses plans, il se retrouve démuni – s’il n’a pas un plan B, C ou encore D dans sa manche. Le hasard ne fait définitivement pas partie de son vocabulaire. En réalité, Erik est un intéressant mélange de méfiance et de confiance, de spontanéité et de réserve. Il n’accorde pas sa confiance au premier venu et ne se dévoile sûrement pas davantage. En revanche, il charme ses proches par sa patience et sa compréhension. Comme le dit Will, son plus proche ami, il est un véritable « Valium sur pattes ».

  Bien qu’Erik semble inébranlable au premier coup d’œil, il dissimule en vérité sa vulnérabilité et son intégrale personnalité au plus profond de lui-même. Les seuls instants où il nous est donné d’observer sa personne dans toute sa beauté, c’est lors de la présence de Daisy à ses côtés. Leur relation n’est pas seulement basée sur leur attirance et leur connexion si singulière mais également et surtout sur la fiabilité. Se dévoiler à sa deuxième moitié sans restriction, savoir que votre seule raison d’être peut en faire tout autant à votre égard, telle est l’image du couple que forment Erik et Daisy. L’harmonie de leur union brille d’un éclat lumineux et ne cesse d’éblouir le lecteur. Il est donc aisé de comprendre que mon cœur s’est littéralement fendu au point de rupture de leur bonheur. Lorsque tout s’effrite et se démantèle, leur couple est alors mise à rude épreuve et la connexion ne se révèle malheureusement pas suffisante… Être, en outre, le témoin du déclin d’Erik, de la perte progressive de la belle âme qu’est la sienne, m’a laissée nostalgique et a fini de me briser. Le voir se battre puis tenter de se relever pour mieux retomber est une vue poignante qui n’attise qu’une sympathie encore plus grande à son égard. C’est un personnage surprenant à tous points de vue qui force l’admiration et touche bien des esprit, le mien y compris.

  De l’autre côté du miroir, nous avons la danseuse qu’est Daisy. Pour être sincère, cette jeune danseuse n’est pas un personnage qui m’a particulièrement touché, au contraire bien évident d’Erik. Elle est énigmatique, assez mystérieuse, et je m’avancerais même à affirmer qu’elle reste d’une certaine manière inaccessible, hors d’atteinte. Ses sentiments nous sont quasiment inconnus et parce que l’histoire dans sa totalité se déroule du point de vue du protagoniste masculin, cette impression n’en est que plus renforcée. Daisy est une femme qui se targue être pragmatique et il me semble que c’est une description assez fidèle de sa personne. Elle est le contraire de son partenaire: pas de plans, pas de projections dans le futur, c’est le moment même qui compte. Dans leur couple, ils se complètent à la perfection; l’un distillant de l’énergie et l’autre de la sérénité. Si j’admire sa complicité avec Erik, il n’y a rien de vraiment spécial qui m’aurait davantage attiré de son côté. J’attends expressément de découvrir le second acte afin de faire plus ample connaissance avec Daisy et me faire une idée plus précise de sa personne.

  Tout un petit groupe d’amis est formé autour de ce couple, avec des personnages plus ou moins attachants. De ces autres personnes, je retiendrais Will, le plus proche compagnon d’Erik mais également le partenaire de danse de Daisy. Son amitié avec Erik peut-être qualifiée de frivole mais elle est bien réelle, sincère et profonde. Quant au couple qu’il forme avec Daisy sur scène, il m’a réellement éblouie. Bien que leurs danses ne nous sont aucunement visibles, l’auteure réussit malgré tout à traduire la magnificence de leurs mouvements au travers des lignes et c’est un duo resplendissant qui se dessine à nos yeux. Hormis son amitié et ses talents de danseur, Will a bien d’autres qualités, bien qu’il ait ses défauts et faiblesses comme tout le monde – il est humain, ne l’oublions pas ! Je prendrais pour exemple son humour avec son ambivalence et ses commentaires souvent grivois qui amènent inconsciemment un sourire aux lèvres. Son courage devant les nombreuses épreuves jetées sur son chemin. Sa loyauté et son désir de prêter main forte à ses compagnons. Bref. Les connaissances sont nombreuses, et comme je l’ai fait remarquer plus haut, nombre d’entres elles sont admirables, sympathiques, mais si une personne se démarque du lot, c’est bien Will… Bien que je me sois également amusée avec les autres, ne vous détrompez-pas !

  En conclusion, Prélude est un livre d’une profondeur sans pareille, qui ne se fera pas oublier de sitôt. L’auteure nous entraîne toujours de plus en plus loin, testant les limites de ses personnages et les nôtres dans le même temps. Une fois happés par le tourbillon émotionnel qui se dégage de ses lignes, il devient impossible de le quitter. Si j’ai appris une chose au contact de nos protagonistes, c’est que la vie peut-être imprévisible, impitoyable, et que, par dessus-tout, nous « sommes définis par nos cicatrices ». Une phrase d’une beauté pleine de grandeur qui a marqué mon âme.


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