Le Captif – Grace Burrowes

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Titre: Le Captif

(Original: Captive Hearts, Book 1: The Captive)

Auteur: Grace Burrowes

Date de Parution: 24 Février 2016

Éditeur: J’ai Lu Pour Elle, Collection Aventures & Passions, 384 pages

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Présentation de l’auteur:

Grace Burrowes est une véritable passionnée de romances d’aussi loin qu’elle s’en souvienne. Alors dès lors que l’idée d’écrire germe dans son esprit, elle s’y attelle… et écrit sa première romance. Aujourd’hui, elle a à son actif bon nombre de livres dont certains qui lui ont valu d’être nominée auteure à succès par le New York Times et le USA Today.

Retrouvez son site www.graceburrowes.com

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Quatrième de Couverture:

Christian, duc de Mercie, combattait dans l’armée de Wellington quand il est tombé aux mains de l’ennemi. Enfin libéré, il apprend la mort de son épouse et de son fils. C’est donc un homme brisé qui, de retour en Angleterre, reçoit la visite de lady Gillian venue lui annoncer que sa fille Lucille dépérit, seule dans son domaine de Severn. Consciente que Christian n’est pas capable pour l’heure d’assumer ses responsabilités de père et de châtelain, lady Gillian lui propose de l’aider. Elle aussi doit oublier ses propres démons et elle espère trouver l’apaisement à Severn.

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Description

Les personnages principaux: Gillian et Christian.

Lady Gillian, comtesse de Greendale, est veuve depuis peu. Son mari, lord Greendale, ne lui laissant aucun héritage hormis une vieille maison délabrée – et par conséquent, inhabitable -, Gillian redoute son futur. Mais malgré ses problèmes, elle s’inquiète pour la jeune Lucille, fille de sa défunte cousine Helene, dont l’état ne cesse de la tourmenter. Elle se rend alors chez le duc de Mercie, mari de cette dernière, et lui fait part de ses inquiétudes. Contre toute attente, celui-ci lui propose de l’accompagner à Severn et d’y séjourner temporairement pour l’aider dans ses devoirs de duc et de père. Sitôt l’idée exprimée, Gillian accepte, soulagée de s’éloigner de Greendale Hall et de laisser ses sombres souvenirs de mariage derrière elle. Et si le duc se montre plutôt froid et distant, elle est bien consciente des épreuves qu’il a dû endurer durant sa captivité et ne désire rien de plus que l’aider à surmonter sa douleur et à donner à Lucille un père digne de ce nom. Elle devient alors l’une des personnes les plus proches du duc. Amie et confidente, elle veille constamment sur son confort, sa santé physique et surtout, sur son moral. Toutefois, la présence constante du duc à ses côtés se révèlera bien trop dangereuse pour son cœur meurtri et bientôt, Gillian ne devra non seulement combattre son passé mais également appréhender son avenir… Car si ce dernier pourrait se révéler merveilleux, le passé ne cesse de la hanter et de la rattraper… au point de rendre ses rêves irréalisables.

Christian Donatus Severn, huitième duc de Mercie, est considéré comme un miraculé par ses compatriotes. Après avoir été capturé et torturé sans relâche par des Français, le « duc disparu » – comme on se plaisait à le nommer après sa capture – est enfin de retour parmi ses pairs. Sa femme et son fils morts, son corps mortifié et douloureux, son esprit envahi par des horribles souvenirs du temps de sa captivité, Christian se sent plus seul et plus démuni que jamais. Alors lorsqu’apparaît à sa porte la jolie mais exaspérante lady Gillian, Christian sait qu’elle est la personne qu’il lui faut pour l’assister dans ses responsabilités, autant ducales que familiales. Mais ce dont il ne se doutait absolument pas, c’est de la spontanéité et de la bienveillance de la comtesse à son égard. Ses terribles cicatrices ne semblent ni la rebuter ni l’effrayer, ce qui le sidère et l’émerveille tout à la fois. Il se rapprochera alors de cette fascinante comtesse, tout comme de sa fille Lucille, et une étincelle d’espoir commencera à naître en lui. Seule ombre au tableau: son désir de vengeance. Car si Christian est fermement décidé à retrouver ses agresseurs et de leur faire payer ses souffrances, quitte à les envoyer aux enfers, il est extrêmement conscient que par cette résolution, il pourrait bien perdre la seule personne qui ait su lui redonner le goût de vivre… et d’aimer d’une façon qu’il n’aurait jamais cru possible.

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Extraits:

Extrait 1

« De riches effluves de tabac turc titillèrent les narines de Christian, dominant la fragrance de lavande qu’affectionnait Girard et l’odeur perpétuelle de moisi imprégnant les sous-sols du château. Le frugal petit-déjeuner de Christian lui remonta dans la gorge. Il se concentra sur le discours philosophique de Girard, maîtrisant de son mieux la nausée, ayant appris à ses dépens que l’on pouvait s’étouffer avec son vomi.

Un talon de botte racla le sol et Christian devina qu’Anduvoir émergeait enfin de l’ombre, tel un reptile cherchant sa source de chaleur préférée.

– Assez de sermons, colonel Girard. Votre chouchou ne nous a rien révélé sur les mouvements de troupes. D’ailleurs, il est devenu muet. N’est-ce pas, monsieur le duc ?

Anduvoir tira longuement sur son cigare avant d’en placer délicatement le bout humide sur les lèvres de Christian.

– J’ai très, très envie d’entendre ne serait-ce qu’un seul hurlement anglais.

Christian détourna la tête, ce qui ne surprit guère Girard. Les visites d’Anduvoir n’étaient pas fréquentes et, comme tout hôte attentionné – ou subordonné prudent -, Girard se mettait en quatre pour le divertir.

Anduvoir apparut dans la ligne de mire de Christian. Petit, brun, les traits grossiers, derrière ses gesticulations de Latin se cachait la jubilation d’une brute coriace.

– Un homme silencieux, notre duc, murmura-t-il, exhalant sa fumée par le nez. À moins que…

Il appliqua le bout incandescent de son cigare dans le creux du coude de Christian; un bref silence tomba tandis que se répandait une odeur de chair brûlée.

La douleur fulgurante jaillit du bras de Christian vers son cerveau, rejoignant le souvenir de mille et un sévices semblables et s’unissant à eux pour entonner un refrain lancinant.

Vengeance ! »


Extrait 2

« Une heure plus tard, quand Gilly étouffa un bâillement et releva la tête, il n’avait pas bougé.

– Je monte me coucher. Vous devriez en faire autant, Votre Grâce. La nuit sera courte.

– Je vous déconseille de venir me réveiller, murmura-t-il. Qu’on viole mon intimité m’est insupportable.

– Je vous prie de me pardonner. Cela ne se reproduira plus. La prochaine fois, je vous suggère de coincer une chaise sous la poignée en plus de verrouiller votre porte.

Elle se leva, posa le livre sur le bureau. Il en fit autant.

– S’il y avait une prochaine fois, ce qui ne sera pas le cas, je pousserais une armoire contre ladite chaise.

– Je comprends.

Elle était sincère. Christian dut le sentir car il la dévisagea un long moment. Peut-être parce qu’elle avait été mariée avec Greendale, peut-être parce qu’elle était épuisée après une journée agitée, Gilly ne devina qu’au tout dernier instant les intentions du duc.

Il referma sa grande main calleuse sur son menton et l’y laissa suffisamment longtemps pour que sa chaleur imprègne la peau de la jeune femme.

– Voici ce qui m’a permis, sur le chemin du retour, d’oublier les émeutes, le chaos et les patrouilles ennemies, chuchota-t-il.

Inclinant la tête, il pressa les lèvres sur les siennes, puis s’écarta de quelques centimètres.

– C’est vous qui m’avez ramené chez moi aujourd’hui, milady. Je vous en suis infiniment reconnaissant.

Il l’embrassa de nouveau, sur la bouche, sur le front, avec une lenteur délibérée empreinte de respect qui la stupéfia autant qu’elle l’étonna.

L’espace d’un instant, déroutée, Gillian demeura immobile. Puis elle se détourna, l’abandonnant dans la pénombre de la bibliothèque. Avant d’avoir gravi la moitié de l’escalier, elle fondit en larmes, sans savoir pourquoi. »


Extrait 3

« Gillian fixait sans mot dire ses mains croisées sur ses genoux et il eut envie de hurler. Sa détresse le bouleversait. Si le vieux Greendale n’avait pas réussi à l’anéantir, quelqu’un d’autre s’y efforçait visiblement.

Mais il échouerait lamentablement. Christian s’en assurerait.

– Venez vous coucher.

– Je ne peux pas, chuchota-t-elle en se redressant. Les ragots vont aller bon train parmi les domestiques.

– C’est leur occupation favorite. Vous êtes veuve. Si vous cherchez consolation auprès de moi, cela ne regarde que vous, comme vous me l’avez rappelé vous-même.

– Vous avez changé de refrain, Votre Grâce.

– Vous aussi. Si vous voulez partager mon lit, vous devrez m’appeler par mon prénom.

Elle carra les épaules, un geste de mauvais augure pour un homme qui ne rêvait que de quelques heures de sommeil avant de passer à l’attaque.

Des mesures draconiennes s’imposaient, sans quoi l’un d’eux sombrerait bientôt dans l’hystérie.

– À votre guise, grommela-t-il. Faites-vous tuer et laissez-moi me morfondre alors que je me remets à peine de mes épreuves.

Il s’adossa à la tête de lit.

– Laissez mon unique fille survivante panser seule ses plaies, rejetée par une cousine trop fière pour accepter la protection qu’on lui offre.

Il leva les yeux vers le plafond moucheté d’ombres dansantes.

– Allez-y, contrecarrez mon autorité de chef de famille, de maître des lieux et de magistrat local.

Après s’être débarrassée de sa robe de chambre, Gilly se déplaça sur le matelas dont la taille équivalait plus ou moins à celle d’une poulinière.

– Laissez-moi me noyer dans la culpabilité et la rage, poursuivit-il. Gaspiller le restant de ma vie en ferventes prières pour le salut de votre âme immortelle, malavisée et beaucoup trop têtue. Je me réfugierai probablement dans l’alcool, et vu les sévices corporels auxquels j’ai été soumis…

– Chut, fit-elle en se lovant contre lui. Je reste, mais taisez-vous.

Il roula sur le flanc, remonta le drap sur eux, déposa un baiser sur son épaule, enroula un bras autour de sa taille et l’attira contre lui.

Et fit ce qu’elle lui demandait. »

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Mon Avis:

Ce livre me faisait de l’œil depuis un certain temps et, n’y tenant plus, je me suis jetée dessus comme un loup – ou plutôt une louve – affamé. Et, pas à dire, je suis drôlement contente de m’être enfin décidée à l’ouvrir !

Ce que je retiens par-dessus tout à propos de ce livre, c’est la relation entre les deux protagonistes, Gillian et Christian. J’ai été charmée au-delà de toute raison par leurs rapports. Gilly est bavarde, joviale et assez ouverte. Christian est imbu de lui-même, froid et plutôt renfermé. Tellement différents à première vue et pourtant plus semblables qu’ils ne le pensent. Veuf et veuve, solitaires, légèrement ou totalement perdus, ils se reconnaissent l’un dans l’autre mais c’est surtout la connaissance des cicatrices et la conscience des souffrances endurés chez l’un comme chez l’autre qui va les rapprocher. Le rôle assigné à Gillian est d’aider Christian dans ses obligations mais en réalité, elle s’occupe de lui et de son bien être, autant physique que moral. La façon dont elle le fait m’a touchée et son côté maternel qui ressort dès lors qu’il est question du duc me tirait constamment un doux sourire. Elle le traite avec tendresse et affection – ainsi que respect -, sans jugement ni aucun mouvement de recul face à ses cicatrices ou encore à ses sautes d’humeur. C’est désarmant surtout que Christian n’est initialement pas facile à vivre. Son amertume est palpable, tout comme sa frustration de ne pouvoir user de son corps comme auparavant, et sa froideur pourrait en dissuader plus d’un. Mais Gillian est plus forte qu’il ne le paraît et à ses côtés, nous le voyons quitter sa morosité et revivre. L’espoir renaît en lui et il s’ouvre à la possibilité d’un avenir plus lumineux, sans cauchemars, ni angoisse. J’avais du mal à reconnaître en lui l’homme brisé et isolé qui a ouvert le récit ! Mais il est vrai que la nature enjouée de la comtesse est contagieuse, pour Christian tout comme pour le lecteur car nous oublions rapidement qu’elle-même porte sa part de douleur… En effet, si les cicatrices de Christian sont visibles, celles de Gillian ne le sont pas totalement, surtout qu’elle les garde bien enfouies dans son cœur. Elle est immodérément douée pour camoufler ses émotions, et c’est assez étonnant de voir à quel point elle est capable de jouer de sa bonne humeur pour cacher ses souvenirs déprimants et ses peurs. Car si nous sommes rapidement mis au courant des tortures infligés à Christian ainsi que de ses cauchemars et de ses désirs de vengeance qui le hantent, les secrets de Gilly demeurent un mystère durant la plus grande majorité du livre, l’auteure ne nous laissant entrevoir que quelques indices sur le pourquoi de sa peine. Mais je pense que c’est justement cette capacité à faire passer les autres avant elle-même qui m’a tellement attendrie chez Gillian… En bref, ce sont de fabuleux personnages que j’ai beaucoup aimé. Par ailleurs, je trouve ça plutôt gratifiant de lire un livre où c’est la femme qui s’occupe de l’homme plutôt que l’inverse ^^. Dans tous les cas, je m’incline devant l’auteur pour la création d’une si belle relation impliquant amour, confiance et estime de l’autre.

Pour ce qui est de l’histoire, eh bien, je l’ai trouvée correcte. Etant donné que la première partie de l’histoire se concentre sur le rétablissement de Christian et que j’ai adorée les interactions du duc et de la comtesse – ainsi que ceux de la petite Lucille avec son père, bien entendu -, je n’ai rien à dire de ce côté-là. Arrive ensuite un moment où l’intrigue plante ses griffes dans cette bulle. Alors, ce n’est pas que je ne l’ai pas appréciée – loin de là ! – mais j’aurais aimé qu’elle soit un peu plus approfondie. Le mystère autour des tentatives de meurtre de l’un des résidents de Severn apporte un peu de suspense au roman mais il n’a pas été… , comment dire… vraiment pris au sérieux. Ce que je veux dire par là, c’est que le déroulement est parvenu un peu trop vite à mon goût et était assez prévisible malgré les tentatives de l’auteur à rendre le tout le plus vague possible. Je reprocherais également le léger manque de dynamisme au récit mais rien de bien méchant car j’ai sincèrement apprécié le livre. Ce ne sont que des légères remarques qui ne m’ont d’ailleurs pas empêchées d’apprécier pleinement ma lecture ! Par contre, si une chose m’a plutôt déplu, c’est la fin un peu abrupte avec cette désagréable sensation que l’auteur a bâclée les dernières pages…

Je voudrais également rajouter quelques lignes sur la plume de l’auteur. Elle est tout simplement splendide ! Très fluide, extrêmement agréable à lire, c’est un véritable délice pour les yeux. Quoi de plus gratifiant pour un lecteur de romance – hormis une magnifique histoire d’amour, bien sûr – qu’une belle plume délicate ? Pour moi, c’est un détail qui a de son importance et que je souligne volontiers ici.

Pour résumer, Le Captif est une très belle romance aux personnages merveilleux et au style d’écriture irréprochable qui m’a conquise. C’est le premier livre de Grace Burrowes que j’ai eu le plaisir de lire et je sais d’ores et déjà que ce ne sera pas le dernier – en supposant que ses autres romans sont tout aussi séduisants. D’ailleurs, le prochain sur ma pile à lire est Le Traître que l’on pourrait désigner comme la suite de celui-ci et qui présente l’histoire de Girard. Je ne dirais pas de qui il s’agit pour ne pas trop en dévoiler mais le fait est que ce personnage m’a beaucoup intrigué et que c’est avec plaisir que je me lancerai dans la lecture de son histoire ^^.

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Le Captif – Grace Burrowes


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