Le Secret de Pembrooke Park – Julie Klassen

Le Secret de Pembrooke Park

Titre: Le Secret de Pembrooke Park

(Original: The Secret of Pembrooke Park)

Auteur: Julie Klassen

Date de Parution: 27 Novembre 2015

Éditeur: Milady, Collection Romance, 640 pages

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Présentation de l’auteur:

Julie Kassen est une auteure américaine diplômée de l’université de l’Illinois. Elle s’est consacrée seize années durant à l’édition mais à présent, elle a jeté son dévolu sur l’écriture. Depuis, elle a écrit une dizaine de romances historiques dont la plupart sont récompensées par des prix divers. Ses livres se font notamment remarquer par la finesse de l’écriture et l’incroyable capacité à mêler mystère et romance.

Retrouvez son site www.julieklassen.com

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Quatrième de Couverture:

Abigail Foster s’inquiète pour l’avenir de sa famille depuis qu’elle est ruinée jusqu’à ce qu’un étrange notaire leur propose d’emménager dans un grand manoir abandonné depuis dix-huit ans. Son père et elle sont accueillis à Pembrooke Park par le charmant vicaire, William Chapman, qui leur apprend que, selon des rumeurs, une pièce secrète renfermerait un trésor…

Aux prises entre de vieux amis et de nouveaux ennemis, Abigail ignore la nature des dangers auxquels elle devra faire face avant de lever le voile sur ces mystères et de trouver l’amour qu’elle recherche depuis toujours…

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Description:

Le personnage principal: Abigail.

Lady Abigail Foster est une femme âgée de vingt-trois ans, cultivée, intelligente, passionnée d’architecture… et malheureusement toujours jeune fille. Et bien qu’elle ressente une attirance certaine pour Gilbert Scott, son voisin et meilleur ami depuis l’enfance, ce dernier ne semble visiblement pas partager les mêmes sentiments envers elle. De l’affection, oui, mais pas de l’amour. Si cela désole profondément Abigail, celle-ci n’aura bientôt plus la tête à penser à ses peines de cœur…

En effet, à cause d’un conseil donné à son père qui s’est révélé être malavisé par la suite, leur famille se trouve dans une passe financière difficile et n’ont d’autre choix que de vendre leur maison pour espérer retrouver une situation plus stable. Se sentant coupable de leur condition, Abigail se met en quête d’une nouvelle demeure mais la tâche ne se révèle pas aisée… surtout avec leur faibles moyens.  Et c’est alors qu’arrive un homme avec une offre intéressante sous la forme d’un séjour plus ou moins temporaire à Pembrooke Park. Abigail voit la lumière au bout du tunnel mais reste toutefois suspicieuse: qui pourrait bien leur faire une offre si avantageuse ? Toutefois les Foster n’ayant pas réellement d’autre choix, ils acceptent la proposition qui leur a été faite.

C’est ainsi que, quelque temps plus tard, Abigail emménage dans un manoir imposant, splendide et par-dessus tout, mystérieux. Entre les bruits inquiétants qui résonnent au cœur de la nuit, le comportement et les commentaires énigmatiques de certains habitants et la sensation de malaise qui ne cesse de s’accrocher à elle, Abigail voit son appréhension grandir au fur et à mesure… mais également sa curiosité. Surtout lorsqu’elle apprend qu’un soi-disant trésor se cacherait en ce lieu… De ce fait, elle sera prise au cœur des secrets de Pembrooke Park, et sera donc totalement prise au dépourvu lorsque l’amour viendra pointer son nez…

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Extraits:

Extrait 1

« Me Arbeau sortit une feuille de sa poche et commença à lire:

– Au rez-de-chaussée nous trouvons un vestibule, un petit salon, une salle à manger, un grand salon, une salle de réception, et une bibliothèque. Souhaitez-vous commencer à la visite ?

Hésitants, ils s’avancèrent, les traces de leurs pas s’imprimant dans la poussière qui couvrait le sol. La première pièce dans laquelle ils entrèrent se révéla être le petit salon. Il donnait sur la salle à manger où un lustre de cristal, drapé de toiles d’araignées, surplombait une longue table. Au centre de celle-ci, une composition florale – des fleurs, des branches de saule et ce qui semblait être un ananas – s’était desséchée jusqu’à devenir un amas brunâtre et de cosses cassantes. Venait ensuite le grand salon. Abigail survola les lieux du regard avec étonnement. La pièce paraissait avoir été quittée quelques instants à peine avant leur arrivée. Sur une table ronde, les fonds des tasses d’un service à thé étaient incrustés de thé séché. Un livre ouvert attendait sur un accoudoir du canapé. Une tapisserie, presque achevée, était coincée sous un fauteuil retourné.

Qu’avait-il bien pu se passer ? Qu’est-ce qui avait bien pu pousser les occupants de Pembrooke Park à quitter les lieux de façon si soudaine ? Et pourquoi ces pièces étaient-elles closes depuis bientôt vingt ans ?

Tandis que son père redressait le fauteuil, elle ramassa la corbeille à tapisserie retournée pour découvrir une poignée de crottes de souris qui ressemblaient à des graines. Elle fit une grimace de dégoût.

Son père posa alors la question qui lui brûlait les lèvres.

– Quelle est la raison du départ si abrupt de la famille qui vivait ici ?

Les mains derrière le dos, Me Arbeau continuait son inspection de la pièce.

– Je ne saurais le dire, monsieur.

Ne « saurais » ou ne voudrais le dire ? s’interrogea Abigail. Mais elle garda le silence. Ils inspectèrent rapidement la salle de réception fermée et la bibliothèque obscure, aux murs tapissés du sol au plafond de rayonnages qui croulaient sous les livres abandonnés. Puis, à pas lents, ils montèrent l’escalier d’honneur et longèrent la rampe le long du palier, pour visiter les chambres. Dans les deux plus grandes, ils trouvèrent des lits à baldaquin faits avec soin, leurs rideaux retenus par des embrasses, des vêtements informes, mangés par les mites, et divers chapeaux suspendus aux patères. Dans les autres pièces, les lits étaient défaits, leurs rideaux semblaient avoir été repoussés à la hâte, et les vêtements de nuit gisaient, en désordre. Dans l’une d’entre elles, sur un échiquier, une partie d’échecs paraissait avoir été interrompue. Dans une autre, ils découvrirent une maison de poupée. Le soin apporté à la décoration des pièces miniatures témoignait de l’amour que sa propriétaire lui portait. Le regard d’Abigail se posa sur une petite robe bleue défraîchie accrochée à un portemanteau, au mur.

Un nouveau frisson la traversa. Aujourd’hui, dix-huit ans plus tard, où était la fillette qui l’avait portée ?

– Qu’est devenue la famille qui vivait ici ? s’enquit-elle.

– Je n’ai pas le droit de vous le dire, répondit Me Arbeau.

Elle échangea un regard interloqué avec son père mais n’insista pas. »


Extrait 2

« Elle ferma les yeux mais les rouvrit aussitôt. Elle avait entendu un grincement de porte. Se rabrouant, elle se tourna sur le côté. Ce devait être Polly.

C’est alors qu’elle perçut un son étouffé, comme un cognement. Un cognement ? A cette heure tardive ? C’était sans doute une simple branche qui frappait la fenêtre. Ou bien un pivert dans un arbre à proximité, cherchant des insectes. Les oiseaux se nourrissaient-ils la nuit ? Elle n’en avait pas la moindre idée. Sans doute, décida-t-elle, avant de se tourner de nouveau.

Au loin, un nouveau son résonna comme une petite cymbale, cuivre contre cuivre. Abigail se redressa d’un bond, le cœur battant. Quelqu’un avait renversé un bidon d’eau. Ou l’avait percuté d’un pied, sans le voir, dans l’obscurité.

C’était peine perdue. Elle savait que jamais elle ne s’endormirait avant d’avoir vérifié. Repoussant ses draps, elle se leva, se couvrit les épaules d’un châle et mit des mules. Sa chandelle à la main, elle ouvrit la porte et tendit l’oreille. Il régnait un profond silence. Marchant sur la pointe des pieds, elle sortit dans le couloir, ignorant les portraits des nombreux Pembrooke trépassés depuis longtemps qui la foudroyaient du regard.

Quelqu’un descendait l’escalier à pas feutrés.

Le cœur battant à tout rompre, elle s’avança prestement et regarda. A la lumière tamisée de sa bougie, elle aperçut une silhouette encapuchonnée qui flottait sur les dernières marches. Abasourdie, elle cligna des paupières. Mais quand elle regarda de nouveau, l’escalier était désert. La sombre apparition n’était peut-être encore une fois que le fruit de son imagination.

Frissonnant de frayeur, elle décida de ne plus jamais lire un roman gothique. Elle allait revenir à ses livres d’architecture.

Elle s’apprêtait à regagner sa chambre quand, se ravisant, elle traversa le couloir, brandissant sa chandelle pour inspecter les portes fermées. Elle trouva celle de la chambre destinée à sa mère, entrebâillée. La même pièce où elle avait vu le tiroir ouvert lors de la visite de William Chapman.

Elle poussa un peu la porte et éclaira les lieux. Si les tiroirs étaient bien fermés, un détail la fit sursauter. A côté d’une lanterne en cuivre renversée, un coffret à bijoux à charnières était ouvert sur la coiffeuse.

Les battements de son cœur s’accélérant encore, elle s’approcha et effleura la cire. Elle était encore chaude. »


Extrait 3

« Sur le chemin du retour, il fut surpris par une violente averse. Résigné, il ouvrit son parapluie, se préparant à se faire tremper. A peine avait-il parcouru quelques mètres qu’il s’arrêta net. Abigail Foster était blottie sous un mûrier, en bordure de la ferme des Miller.

Il s’écarta du sentier et enjamba une flaque pour la rejoindre. En s’approchant, il remarqua que la pluie faisait boucler ses cheveux en anglaises sur ses joues. Elle avait l’air à la fois pitoyable et charmant. Son regard se posant sur sa bouche, il fut captivé par le contraste de ses lèvres d’un rouge inhabituel sur sa peau diaphane. Incapable d’en détacher les yeux, il regrettait de ne pouvoir l’embrasser.

– Vous allez bien ? se contenta-t-il de demander.

Elle acquiesça d’un signe de tête.

– Je suis sortie me promener sans remarquer la couleur du ciel. Cet arbre ne m’offre pas grande protection, je le crains, mais il me permet de m’abriter un peu.

– Mais je vois qu’il propose une collation.

Visiblement embarrassée, elle baissa la tête et cacha ses doigts tâchés derrière son dos.

– Oh ! Oui, avoua-t-elle. J’ai mangé quelques mûres. Beaucoup même. J’ai froid, je suis mouillée, mais, au moins, je n’ai pas faim. Je ne voulais pas salir mes gants, ajouta-t-elle en regardant une main couverte de traces brunes. Ça va partir, n’est-ce pas ?

– Dans quelque temps, oui.

– Je dois avoir l’air ridicule.

– Au contraire, vous avez l’air charmante. J’avoue ne jamais avoir mangé de mûres. Mais, sur vous, ce fruit paraît délicieux.

Seigneur ! Que venait-il de dire ? Il sentit ses joues et ses oreilles s’empourprer. Comme s’il avait besoin d’attirer l’attention sur ses oreilles décollées !

[…]

Un instant, il soutint son regard, puis reprit:

– Figurez-vous que j’ai toujours pris les mûres pour une nourriture d’oiseaux.

– Vous n’en avez jamais goûté une ?

Il secoua la tête.

– Dans ce cas, vous devez en manger une, déclara-t-elle en cueillant une baie.

Il leva sa dernière paire de gants propre en un geste défensif.

– Oh non !

– Permettez-moi. Mes mains sont déjà tâchées.

Qui aurait pu résister à une telle proposition ? Il la laissa déposer une mûre entre ses lèvres, savourant la sensation d’intimité que provoquaient ses doigts délicats sur sa bouche.

– Et bien ? le pressa-t-elle d’un ton enthousiaste.

Se concentrant comme s’il s’agissait d’une dégustation du plus grand cru, il mastiqua la baie.

– C’est difficile à dire. Le goût est légèrement acidulé, le fruit craque un peu sous la dent. Il a la consistance d’une graine.

– Ce sont les pépins. Mais le goût ne devrait pas être acide. J’ai dû vous en donner une qui n’était pas tout à fait mûre.

Elle chercha jusqu’à trouver une baie d’un mauve profond.

– Tenez, goûtez celle-là. Elle sera délicieuse, je vous assure.

Il obéit. Puis, incapable de résister plus longtemps, il captura sa main dans la sienne et porta ses doigts pourpres à ses lèvres pour y déposer un long baiser. »

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Mon Avis:

En toute sincérité, c’est la couverture qui m’a séduite bien avant que j’ai lu le résumé. Elle est tout bonnement splendide et je trouve qu’elle reflète à la perfection l’histoire qui se trouve à l’intérieur… Mystère et séduction, tels sont les deux mots qui résument la couverture et l’histoire.

Le Secret de Pembrooke Park est certes une romance, mais avant tout un livre qui mêle suspense, drame et mystère. Cela ne veut pas forcément dire que la romance est secondaire et je trouve que, sur ce livre-ci, l’auteure a su équilibrer efficacement amour et intrigue. Mais le point fort reste indubitablement l’intrigue.

En effet, grâce à l’aura de mystère qui plane sur Pembrooke Park et les secrets entretenus par ses habitants, celle-ci est incroyablement prenante (je n’ai même pas vu défiler les 600, c’est pour dire !). Le brouillard est épais et les indices arrivant petit à petit, impossible de deviner le fin mot de l’histoire avant l’heure ! J’ai dû me montrer suspicieuse envers tous les personnages au moins une fois et pourtant, la confusion était toujours là :P ! Puis vient un moment où les soupçons commencent à se tourner vers une seule personne précise (voir plusieurs d’ailleurs) et même dans ce cas-là, une pointe de doute continue à persister. La certitude est vraiment un mot à bannir ici tellement l’intrigue a été bien ficelée. J’admire sincèrement le fabuleux travail de Julie Klasse sur ce point-là !

Outre la merveilleuse intrigue qui fait tout le charme de ce livre, il y a les personnages et notamment Abigail. Je suis ravie de trouver un personnage telle qu’Abigail: responsable, intelligente, perspicace, curieuse… Elle a vraiment tout pour plaire et c’est avec plaisir que l’on suit son épanouissement personnel et l’évolution de ses sentiments pour William Chapman. En parlant de ce dernier, j’ai ressenti une légère déception sur son compte. Ne vous méprenez pas, je l’ai apprécié, même beaucoup, et j’ai été de nombreuses fois touchée par sa délicatesse et sa compréhension, mais je ne sais pas… je m’attendais à un peu plus de sa part. Il y a ce petit manque qui perdure après ma lecture. Mais bon, ce n’est pas franchement un reproche car étant vicaire, nous ne pouvions en attendre « plus » comme je le dis, de sa part, non ? Et j’ai été sincèrement ravie que l’auteure nous gratifie de son point de vue. J’ai adoré voir l’impression que faisait la douce et ravissante Miss Foster sur ce pauvre Mr Chapman ;)…

Je tiens également à attirer l’attention sur l’écriture. Inutile de faire des lignes et des lignes de commentaires dessus, elle est superbe. Elle est fine et délicate, fluide et très agréable à lire donc en un mot: irréprochable. Je suis tombée instantanément sous le charme du style de Julie Klassen dès les premières pages et je peux affirmer sans hésiter que je me procurerai un autre de ces livres, quand bien même il serait dans sa langue originale, c’est à dire l’anglais.

En résumé, Le Secret de Pembrooke Park a été, pour ma part, une totale surprise. Par le résumé, je m’attendais à quelque chose de complètement différent mais je dois dire que l’histoire a surpassé toutes mes attentes ! Je n’arrivais vraiment pas à me détacher du livre et même s’il était tard dans la nuit, j’ai du me faire violence pour reporter les 100 pages et quelques restantes au lendemain… Et inutile de vous dire quelle était la première chose qui m’est tombée dans la main dès mon réveil :D ! Je vous le conseille chaudement, c’est un livre qui mérite vraiment d’être lu, surtout si vous aimez les énigmes… et la romance bien entendu ;) !

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Le Secret de Pembrooke Park – Julie Klassen


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