Ultime Espoir – Meredith Duran

Ultime Espoir

Titre: Ultime Espoir

(Original: Bound by Your Touch)

Auteur: Meredith Duran

Date de Parution: 01 Septembre 2010

Éditeur: J’ai Lu Pour Elle, Collection Aventures & Passions, 352 pages

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Présentation de l’auteur:

Meredith Duran est une véritable passionnée de l’Histoire anglaise. Voulant réaliser un de ses rêves d’enfance, elle s’est mise à écrire des romances historiques qui se déroulent principalement à l’époque victorienne ou sous la Régence. Ses livres ravissent le public et ses œuvres figurent dans la liste des meilleures ventes du New York Times.

Retrouvez son site www.meredithduran.com

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Quatrième de Couverture:

Quel malotru, ce lord Sanburne ! Alors que Mlle Lydia Boyce donnait une conférence à Londres afin de récolter des fonds pour son éminent archéologue de père, ce dandy rouquin, vaurien et ivrogne notoire, s’est permis de troubler son exposé. Et non content de lui voler la vedette, il a osé mettre en cause la réputation de son père. Outrée, la jeune femme se fait une joie de le moucher en public. Lorsque l’effronté se présente à nouveau devant elle avec des preuves accablantes d’un trafic de fausses reliques, elle comprend qu’elle n’en a pas fini avec cet insupportable trublion…

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Description:

Les personnages principaux: Lydia et James.

Lydia Boyce est ce que la société anglaise du XIXe siècle appelle une vieille fille. Âgée de vingt-six ans, elle est la fille aînée d’Henry Boyce, un archéologue à la notoriété reconnue et non négligeable. Pour aider son père dans sa quête en Egypte, elle partage son temps entre conférences et commerce d’antiquités pour réunir les fonds nécessaires à ce dernier et lui permettre enfin un retour auprès de sa famille, à Londres. Ce projet occupant une place importante dans sa vie, Lydia s’y consacre entièrement ce qui lui vaut d’être traitée de bas-bleu par les aristocrates, c’est à dire une femme aux prétentions littéraires et d’une pédanterie qui frôle le ridicule, si ce n’est pas déjà le cas. Lydia en est bel et bien consciente, et si elle ressent de temps en temps une certaine mélancolie quant au déroulement de sa vie, elle s’y accroche fermement, se créant ainsi le masque froid et distant d’une femme indépendante et rigide. Et bien que ce ne soit pas sa véritable nature, elle refuse d’être trahie et humiliée de nouveau, comme cela a déjà été le cas par le passé… Mais son imperturbabilité va être mise à l’épreuve face à l’excentrique et imprévisible lord Sanburne qui, malgré ses sourires narquois et ses propos outrageants, va la troubler plus que de raison… Mais, si son émoi est réel, elle ne peut oublier et pardonner les accusations qu’il porte contre son père, et elle est prête à lui prouver le contraire, quitte à devoir le fréquenter plus souvent qu’elle ne l’aurait voulu. Cependant, durant leur enquête, elle va être amenée à découvrir une autre facette de sa personnalité, et, même si elle s’est promis de ne jamais se montrer trop émotive envers un homme, elle ne peut nier que lord Sanburne est une personne des plus intrigantes qu’elle aie connues… Mais à trop s’approcher, elle pourrait se brûler les ailes…

James Durham, autrement lord Sanburne, est un homme pourvu d’une réputation des moins flatteuses. Considéré comme un ivrogne excentrique et sarcastique, il flotte autour de lui un aura de scandale qu’il ne s’efforce même pas de dissiper. Par ailleurs goguenard, il ne cesse de passer outre les convenances et prend un malin plaisir à défier son père, le comte de Moreland. Mais si la société le voit de cet œil, lui seul connaît les véritables raisons d’un tel comportement mais refuse néanmoins de les faire connaître à quiconque, estimant que la confiance est une chose qui se mérite. Ainsi donc, il maintient son rôle et s’y abandonne complètement… jusqu’à ce qu’il croise la route de Mlle Lydia Boyce. Bien que leur relation n’ait pas débuté sur de bonnes bases, Lydia l’intrigue par son comportement et sa différence. Il se rend compte très rapidement que, tout comme lui, sa rigidité et son sérieux n’est qu’un déguisement et, désirant apercevoir sa véritable personnalité, ne cesse de la taquiner pour la pousser à bout de ses défenses. Mais bien qu’étant espiègle et patient à son égard, il n’oublie pas son rôle premier et continue de mener sa vie telle qu’elle était jusqu’à présent. Toutefois, il ressent une certaine attirance pour Mlle Boyce et lorsque celle-ci se trouve confrontée à une affaire de trafic de fausses reliques, il lui vient en aide. Leurs recherches confrontent Lydia à une terrible réalité qu’elle refuse d’admettre et James fera son possible pour lui ouvrir les yeux. Mais s’il désire lui ouvrir les yeux, il réalise qu’il commence lui-même à ouvrir son cœur à cette femme aussi têtue que captivante…

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Extraits:

Extrait 1

« – Je vais vous donner la stèle, déclara-t-il.

Elle leva les yeux de son sac.

– Gratuitement ?

Le ton heureusement surpris de sa voix le fit sourire. Une pointe d’intérêt ne lui déplaisait pas.

– Pas exactement. Je voudrais quelque chose en échange.

– Qu’est-ce que ce serait ?

Il laissa s’étirer l’instant dans une pause théâtrale.

– Eh bien… juste un baiser.

La couleur inonda les joues de la jeune femme.

– Vous plaisantez.

– Pas du tout. Vous savez, mademoiselle Boyce, j’ai dépensé une centaine de livres la nuit dernière pour tenter de me divertir. Mais, je dois l’avouer, l’amusement que vous me procurez en jouant tantôt à l’enquêtrice, tantôt à la justicière… eh bien, cela n’a pas de prix.

La poitrine de Mlle Boyce se souleva magnifiquement. Quel dommage qu’elle ne soit pas en robe de soirée ! Ces redingotes boutonnées jusqu’au cou étaient insupportables.

– Vous êtes un…

– … butor, acheva-t-il en se levant. Un bon à rien, un vaurien, un barbare, un sauvage, un débauché. Oui, je sais, et je ne le nie pas. Mais le contrat est honnête. Vous pouvez avoir mon faux, et ma discrétion, en échange de deux minutes de plaisir réciproque.

– Deux minutes ! répéta-t-elle, abasourdie. Vous êtes fou !

Personne ne l’avait donc embrassée aussi longtemps ? De mieux en mieux. Il lui adressa un sourire délibérément mystérieux. A quoi elle réagit en reculant de quelques pas.

– Contre le mur de nouveau ? remarqua-t-il. On dirait que nous nous découvrons des penchants coquins. Voilà qui me plaît tout à fait.

Elle jeta un regard éperdu autour d’elle, comme si elle venait seulement de se rendre compte qu’elle était arrivée au fond de la pièce.

– Je… je ne peux pas.

Il trouvait stupéfiant qu’elle prenne à ce point au sérieux une chose aussi anodine qu’un baiser. A croire qu’il avait prié Jeanne d’Arc en personne d’offrir sa virginité pour hâter le second avènement du Seigneur.

– Vous avez dû être élevée dans une caverne, murmura-t-il. Je doute que même une fille de la campagne soit aussi naïve que vous.

Elle releva le menton. Ses yeux s’étrécirent. Apparemment, elle n’aimait pas être traitée de naïve. Il mit de côté cette information pour y réfléchir plus tard.

– Très bien, dit-elle posément. Mais j’ai votre parole: un seul baiser, et la stèle est à moi, et vous cessez d’insulter mon père.

– Ma parole, répondit-il. Deux minutes.

Avec la dignité d’un rebelle faisant face à un peloton d’exécution, elle ferma les yeux.

– Allez-y, lâcha-t-elle entre ses dents.

– Armez-vous de courage, la prévint-il. »


Extrait 2

« A la grande déception de Lydia, le salon où se trouvait le buffet était déjà bondé. Comme elle poursuivait son chemin, les notes d’un cornet à piston s’échappèrent de la salle de bal. Le parquet se mit à vibrer sous le martèlement de dizaines de pieds. Un quadrille. Elle n’avait pas la tête à une telle gaieté. Après un rapide coup d’œil par-dessus son épaule pour s’assurer que personne ne regardait de son côté, elle s’enfonça dans le couloir.

Elle finit par dénicher un petit banc à l’écart et s’y laissa tomber. Elle ne voyait qu’une seule explication plausible à cette histoire de faux. Son père réservait ses plus belles pièces à Hartnett. Si un malfrat avait intercepté la cargaison, et s’y connaissait suffisamment en antiquités pour repérer les spécimens les plus intéressants, il n’était pas surprenant que seul ce qui était destiné à Hartnett ait été pillé. Un voleur bien informé ne prendrait que les pièces qui en valaient la peine.

Mais pourquoi les remplacer par des faux ? Pour éviter que quelqu’un remarque qu’il manquait des articles ? Le criminel en question devait travailler en étroite collaboration avec son père. Ce qui lui donnait accès à la cargaison dès le départ d’Egypte. Peut-être était-ce une bonne chose, finalement, que son père ferme le site si tôt dans l’année. Le savoir constamment épié par un collaborateur mal intentionné… elle n’en dormirait pas.

Un bruit étrange perturba le cours de ses réflexions. Elle tendit l’oreille. Une femme pleurait ! Le bruit venait de tout près.

Lydia se leva et fit quelques pas dans le couloir.

– Je ne peux pas !

La protestation la pétrifia. Elle scruta le couloir. Une porte était entrebâillée. Après une hésitation, elle s’en approcha sur la pointe des pieds.

– Laissez-moi tranquille, disait la femme.

Un petit rire moqueur lui répondit. Un rire masculin.

Lydia recula précipitamment.

Un sanglot à présent – plus bruyant. Qui s’acheva en gémissement.

Oh, parfait ! Entraîner une femme loin de la foule et abuser d’elle. C’était précisément pour lui éviter cela qu’elle se montrait si sévère avec Antonia. Elle regarda autour d’elle, repéra un petit chandelier posé sur un guéridon. Après avoir ôté les chandelles éteintes, elle empoigna l’instrument. Il n’était pas assez lourd pour causer de gros dégâts, mais le risque de recevoir une branche dans l’œil devrait avoir un effet dissuasif.

Inspirant profondément, elle revint à la porte et la poussa de l’épaule. Le battant s’écarta révélant un tapis turc, une longue pièce aux murs couverts de livres. La bibliothèque des Stromond. Elle y pénétra, sans toutefois brandir le chandelier. S’il ne s’agissait que d’une querelle d’amoureux, elle ne voulait pas avoir l’air d’une idiote.

Ses yeux eurent besoin d’un instant pour s’habituer à la pénombre. Et soudain, le souffle lui manqua. Une femme gisait sur le sol, dans une flaque de soie turquoise. Un homme était accroupi à côté d’elle, et son visage…

Son visage était ensanglanté.

– Lâchez-là, ordonna-t-elle.

Ni l’un ni l’autre ne parurent avoir entendu. Elle leva le chandelier, fit quelques pas.

– J’ai dit, lâchez-la ! Ou je vais vous… lancer ça à la figure, acheva-t-elle en constatant qu’elle ne pourrait frapper l’homme de là où elle était.

Ce dernier leva la tête. Il était si tuméfié que, sans sa chevelure fauve et son étonnant regard gris, elle ne l’aurait pas reconnu.

– Sanburne !

Les yeux du vicomte demeurèrent rivés sur elle tandis qu’il déclarait d’un ton curieusement désinvolte:

– Oh, regardez Elizabeth ! Une héroïne vient vous sauver du cognac. »


Extrait 3

« Sa main avait agrippé la rampe lorsqu’une main se referma sur son poignet. Un ongle lui écorcha le doigt.

– Je vous ai attrapée, dit Ensley qui la fit pivoter et plaqua sa bouche sur la sienne.

Elle le repoussa si violemment qu’il chancela et s’affala dans le rai de lumière que laissait passer une lucarne.

– Bon Dieu ! souffla-t-il en se relevant. Sophie, qu’est-ce qu’il…

– Lydia, corrigea-t-elle d’un ton glacial. Sa sœur.

Il émit un bruit dégoûté, comme s’il avait avalé quelque chose de répugnant.

– Bon sang, je vous ai prise pour Sophie.

– Laquelle est mariée, lui rappela Lydia qui se reprochait de se sentir blessée.

L’air furieux d’Ensley se mua en un sourire méchant.

– Vous êtes amère ? demanda-t-il. Qu’est-ce que vous faites dans l’escalier, d’ailleurs ? C’était au jardin d’hiver que vous auriez dû vous réfugier.

Comme il s’approchait d’elle, elle remarqua son pas hésitant. Les messieurs avaient dû abuser du porto lorsqu’ils s’étaient retirés après le dîner.

– Certains en déduiraient que vous vouliez qu’on vous attrape, poursuivit-il. Pauvre petite vieille fille desséchée…

– Pas si petite, l’interrompit-elle. Et je préférerais embrasser une grenouille. A présent, ressaisissez-vous ou vous le regretterez demain matin.

Il fit un autre pas vers elle. Quel ignoble individu ! Elle allait devoir le gifler.

Un éclair leur arracha un sursaut. Ils se tournèrent d’un même mouvement vers la lucarne. Le tonnerre grondait sourdement au loin.

L’approche de l’orage parut ramener M.Ensley à la raison. Il fourragea dans ses cheveux, marmonna, puis tourna les talons.

Lydia demeura immobile tandis que le bruit de ses pas s’éloignait. Desséchée, elle ? Elle s’était regardée dans un miroir ce matin. Peut-être y avait-il autour de ses yeux quelques rides qui n’existaient pas quatre ans auparavant. Mais si elle n’était plus une débutante, elle n’était pas vieille, non plus. Il est vrai qu’à vingt-six ans, beaucoup de femmes avaient déjà deux enfants, et un autre en route. Ce ne serait pas son destin. Et alors ? Elle avait plus important à faire qu’avoir honte d’elle-même.

N’empêche. Ce bruit qu’il avait émis en découvrant son identité – presque un haut-le-cœur. C’était un mufle, un butor. Elle ne devrait pas se sentir blessée. Elle avait été embrassée par un homme autrement plus séduisant que lui. Et qui avait eu l’air d’apprécier l’expérience. « Ne pense pas à lui », s’exhorta-t-elle.

M.Ensley l’avait appelée Sophie. Pourquoi s’était-il étonné que sa sœur puisse le repousser ? Pourquoi se sentait-il autorisé à s’adresser à elle aussi familièrement ? C’était presque comme si… comme s’ils s’étaient donné rendez-vous.

Non. Elle devait se tromper. Sophie ne ferait jamais une chose pareille.

Mais si elle traversait ce hall et découvrait qu’elle se trompait du tout au tout… elle ne pouvait l’envisager. Tant d’hypocrisie la mettrait en rage. Séduire George sous son nez, puis ensuite batifoler avec M.Ensley ?

– J’en ai par-dessus la tête, marmonna-t-elle.

Par-dessus la tête de jouer les chaperons. Que Sophie fasse des erreurs. Et qu’elle en paie le prix. « La beauté n’est que la beauté, certes, mais c’est beaucoup », pensait sa sœur. Qu’elle teste donc son hypothèse.

Le tonnerre gronda de nouveau. Lydia ouvrit la porte d’entrée. Il pleuvait à verse. Enfant, elle aimait sortir par ce temps, se laisser malmener par les éléments.

– Ma petite Bacchante, l’appelait son père.

Les éclairs effrayaient Sophie. Elle courait se cacher dans les jupes de leur mère, insensible à la beauté de l’orage. Jamais elle ne serait allée à St. Giles, la vie de leur père en eût-elle dépendu. Elle aimait les jolies choses, les gens élégants, et abandonnait aux autres les tâches qui lui déplaisaient. « Je ne comprends pas comment vous pouvez vous abaisser à faire du commerce ! » Comme si ses gants n’avaient pas été achetés grâce au commerce de leur père !

Lydia sortit sur le perron. La pelouse descendait en pente douce jusqu’à un petit lac. Lorsque la porte claqua derrière elle, elle y vit une injonction. Très bien, elle ne rentrerait que lorsque la partie de cache-cache serait terminée. »

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Mon Avis:

Dès les premières pages du livre, un sourire est apparu sur mes lèvres. Impossible de rester de marbre face à un personnage tel que James Durham.

Je l’ai adorée quasi-immédiatement et je crois que c’est largement dû à ses manières. Il se montre désinvolte, choque ses semblables, se moque des convenances et son espièglerie m’a fait rire de nombreuses fois. Mais il est également intelligent et perspicace ce qui en rajoute à son charme… James est un personnage fascinant, qui attire l’oeil, et qui nous divertit tout au long de l’histoire.

Lydia est également un personnage intéressant. Elle est totalement consciente de ne pas être une beauté comme ses sœurs et sait que les hommes ne lui accordent guère d’importance, et pourtant, elle reste forte et continue de suivre son chemin. Et bien que la société ne l’approuve pas et la maintient à l’écart, elle reste fidèle à son image et ne se laisse pas déstabiliser… Tout du moins, jusqu’à ce que lord Sanburne apparaisse…

Si les protagonistes sont imprévisibles, ce n’est pas vraiment le cas de l’intrigue. Dès lors que les premiers indices apparaissent dans l’affaire, le suspense n’est plus. On se doute très rapidement de la vérité, et le dénouement n’est pas une véritable surprise. Mais cela ne m’a pas gêné outre-mesure étant donné que j’étais plus concentrée sur James et Lydia et l’avancée de leur relation;)

Pour dire bref, c’est une romance qui m’a plu notamment pour ses personnages. L’auteure a fait un travail remarquable avec la psychologie de ces derniers qui est particulièrement bien développée et recherchée. Et je trouve par ailleurs que le thème de l’archéologie et de l’Egypte ancienne apporte une petite touche originale à l’ensemble.

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Ultime Espoir – Meredith Duran


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